« Au revoir les enfants »

En 1987, Louis Malle (ancien élève du Petit Collège de Avon) revient travailler en France, après un long exil américain. Un retour pour un film qu’il porte comme un souvenir douloureux. Car Au revoir les enfants est, de manière totalement revendiquée, une œuvre autobiographique. Manesse, le bon élève, le meneur, le fils adoré par sa mère grande bourgeoise, et dont le père est entrepreneur dans le Nord, c’est Louis Malle lui-même. « Je m’en suis tenu à ce que je crois être mon souvenir, sachant que c’est un peu réinventé », expliquait le réalisateur à la revue Positif à la sortie du film. « Ma relation avec Bonnet dans le film est plus compliquée et plus intéressante que dans la réalité, puisque ce qui nous a manqué, c’est le temps, et je suppose qu’une des composantes de mon souvenir, c’est une culpabilité que j’ai gardée et qui a certainement influencé ma vie. » Ce film est l’histoire d’un regard, celui de Malle/ Manesse sur son camarade de classe lors d’une descente de la Gestapo. Un mouvement de tête qui a peut-être provoqué l’arrestation de Bonnet. Peut-être… « Plus de quarante ans ont passé », dit Louis Malle en voix off dans les derniers moments du film. « Mais jusqu’à ma mort je me rappellerai chaque seconde de ce matin de janvier ».